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La Smala : « C’est toujours au feeling, et avec la passion »

Après Kamelancien ou El Matador, c’est au tour de la Smala de se soumettre à l’interview punchline. Les Belges seront présents le 24 septembre, à la Belleviloise, en compagnie de l’équipe Le Gouffre. Soyez là! Leur album, Un cri dans le silence, est toujours dans les bacs.

« C’est pas comme ça que je voyais mon avenir pour être franc ». Quand vous avez écrit ce morceaux, vous voyiez un changement dans vos vies grâce au rap?

On a écrit ce morceau quand ça ne marchait pas spécialement pour nous. On ne pensait pas qu’on allait être autant occupé par le rap. On pensait devenir des citoyens lambda et faire des petits boulots à gauche à droite. Etrangement, quand on a sorti le son, une direction se prenait dans le groupe, qui faisait que ça pouvait jouer un double sens dans l’interprétation du refrain. On l’a appelé Pour être franc parce qu’on est comme tout le monde qui se dit, putain ça me fait chier de vivre une vie ordinaire, je ne me donne pas les moyens nécessaires pour faire les choses.

Après, tout le monde a un peu cette idée dans la tête, quand il rentre dans l’adolescence vers 16/17 ans. Car quand t’es enfant , t’as l’impression que la vie est facile. A 18 ans tu te vois déjà en couple avec une grosse voiture. Beaucoup d’enfants ont cette image de la vie. Ca veut dire ça aussi, c’est pas comme ça que je voyais ma vie, on avait plus d’attentes que ce à quoi on était arrivé à ce moment là. Le refrain est assez classique et ouvert, du coup tout le monde peut l’interpréter de la façon dont il le veut.

« Faire du rap en Belgique c’est pire que crier face au vent ». Quelle est la situation du rap en Belgique?

Comme le dit ma phase, ça veut dire qu’il n’y a pas beaucoup de regards des médias. En Belgique, ils ne s’intéressent pas à ce qui se passe dans leur propre pays. Quand t’écoutes les radios belges, ce sont des artistes français qui passent. Aucun artiste belge dans le milieu du Hip Hop n’est joué en radio. Après il n’y a pas énormément de radios, il y a NRJ, Fun radio et une petite radio locale à Bruxelle qui s’appelle KIF, qui passe un peu de rap belge. C’est difficile de se faire entendre quand tu fais du rap en Belgique.

C’est un peu paradoxal car le succès a commencé à venir pour nous, donc la phrase n’a plus lieu d’être à l’heure actuelle, mais on parle aussi pour tous ceux qui sont derrière et qui bataillent depuis des années à essayer de faire des projets, qui mettent de l’argent, qui font peu de scène.

« Rien à foutre, on fait le son qu’il nous plait ». Maintenant que les regards sont portés sur vous, vous sentez une limite dans votre création?

On n’a pas perdu en liberté. On a signé chez Sony, et on apporte le produit fini. si on a envie de dire des insultes sur tout le truc, ils le prennent, ils le prennent pas, on s’en fout. On fait nous même nos morceaux, on n’a pas de directeur artistique, on choisit les instrus et les thèmes. On essaye de travailler, sur cet album par exemple, un son plus accessible avec un refrain chanté, pour éventuellement essayer de passer en radio, mais c’est le seul choix stratégique, et encore on est parti sur le thème avant de se dire que ça pourrait être un choix stratégique. C’est toujours au feeling, et avec la passion.

« Pourquoi tu t’endors, c’est l’heure du but en or ». On retrouve pas mal références footbalistiques dans vos textes.

C’est pas pour tous les membres du groupe, mais FLO et moi [Seyté], on suit beaucoup le foot en Belgique. C’est pour ça qu’il y a des petites références qui s’imposent. Moi c’est le Standard, FLO c’est Anderlecht.

– D’ailleurs on s’est fait plier par le PSG [5-0, ndlr], qu’est ce que tu veux faire contre les sous du Qatar? On s’en fout on est venu vous péter au Stade de France, on s’est vengé un peu.

« On est pas de ceux qui se valorisent en rabaissant les autres ». C’est pas une pique aux rappeurs français ça?

Du tout. Cette phase m’a été inspiré par une connaissance. Il n’arrête pas de parler de tout le monde et ne fait pas grand chose. Il dit que tout le monde fait que de la merde pour se valoriser. C’est la vie de tous les jours qui nous inspire, donc je l’ai retranscrit. C’est comme ça qu’on a toujours fonctionné, c’est la base de raconter notre quotidien, c’est pour ça qu’on rappe, c’est un exutoire pour chacun de nous, avant même que la mayonnaise prenne. Avant, on était plus marginal, plus street et dans la rue, maintenant, on a évolué, et notre rap évolue avec ce que l’on vit, toujours dans un message réaliste et réel de ce qu’on fait et ce qu’on est.

 




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