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Interview punchline – MOH : « Quand je voyais qu’on faisait semblant de ne pas me voir alors que la rue m’acclamait, ça m’a foutu les nerfs. »

Pour son dernier album, l’art des mots qui sort le 25 mars, le rappeur marseillais Moh monte sur Paris pour se prêter à l’interview punchline. Après El Matador ou Kamikaz, c’est un autre rappeur du sud qui nous rend visite.

Dans tes sons, tu cites des références comme Brel, Brassens. C’est loin du rap tout ça ?

J’aime beaucoup les textes, et quand je suis en manque d’inspiration, les seules personnes qui peuvent me la redonner, c’est ce genre de gars. Je n’écoute plus de rap, mais du Brassens, du Aznavour, des mecs à textes. On se fout de ma gueule au quartier. Quand mes potes montent dans la voiture, ils ne comprennent pas, ils me demandent pourquoi j’écoute ça.

Comment te sont venues ces sources d’inspirations ?

C’est mon grand frère, mes grandes sœurs, qui m’ont inspiré. Mes sœurs étaient dans cette mouvance New jack, raggae-dancehall, et mon frère de l’autre côté, était dans la variété française avec tous les noms que je t’ai cité. Dans ma tête ça a fait un grand mélange.

« C’est le sang » C’est quoi cette expression franchement ?

Ah ça veut dire que tu es de la famille. Ca vient de Marseille, tu es à l’intérieur, c’est la famille quoi !

“Ils aiment la hala faut leur donner” Skizofren 2, L’art des mots.

Pour réussir dans le rap faut forcément montrer les armes et les meufs ?

Non. Mais ils aiment ça. C’est pas forcément gage de réussite, mais j’ai constaté que plus il y a de la violence, de la méchanceté, plus ils se régalent. Je sais pas pourquoi, c’est la nouvelle époque, avant c’était les textes, puis ça évolue. Pourtant, il y a des gars qui arrivent sans violence et qui font des disques d’or, donc c’est pas réellement vrai, mais ils aiment ça.

D’ailleurs par rapport à Skyzofren 1, la voix est beaucoup plus grave, est-ce que a chaque fois que tu avances ton égo prend du poids ?

Ouais, plus ma carrière avance et plus il devient méchant et sombre j’ai l’impression. Tout ce mélange, les gens du milieu, les fans, tout ça, c’est bizarre, c’est difficile à gérer et ça te crée un égo surdimensionné quand t’es un artiste. Heureusement, mon entourage m’aide, sinon ce serait un pétage de câble.

« Moh, Sopra c’est un signe, à dire que tu m’as appris à écrire mes premières lignes. » Love, L’art des mots.

Quelle est l’importance des Psy 4 à Marseille? Est-ce que avec le temps ils sont montés au niveau de légende comme la FF et d’Iam ?

C’est pas comparable, mais les Psy 4 ont fait un excellent parcours et Soprano, ça reste Soprano. J’essaye d’être reconnaissant car c’est vraiment lui qui m’a appris à écrire mes premières lignes. Ca s’est fait par un contact en commun, vu qu’il habite dans le même secteur que le mien. J’étais tout petit, il commençait à être connu dans les quartiers nord, je lui ai demandé de l’aide et il a accepté, il aurait pu refuser.

D’ailleurs t’as l’air d’avoir une dent contre les rappeurs du sud : “Le rap du sud pue la merde”, “les rappeurs marseillais qu’ils se cachent on va régler les comptes”. Mon manuscrit, Mon manuscrit.

A cette époque, il n’y avait plus de rap marseillais mis en avant, mis à part les têtes d’affiches. Tous les autres, j’ai l’impression qu’ils étaient cachés, étouffés, j’avais une haine qui s’est calmée car aujourd’hui, la donne a changé. Ca évolue, c’est revenu fort, plein de noms sortent et ça fait plaisir. Je suis arrivé à la fin de l’époque Psy 4/L’algérino, et avant celle Jul/Sch. Entre ça, il y a eu un vide mais je me suis accroché. Aujourd’hui sur 10 qui étaient en indépendant avec moi à l’époque, il n’y a que moi qui suis resté. Quand je voyais qu’on faisait semblant de ne pas me voir alors que la rue m’acclamait, ça m’a foutu les nerfs.




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