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Interview – La gourmande Hip-Hop

Prenez un blog féminin classique avec ses rubriques ; Mode, Beauté, Bons Plans et Recettes. Ajoutez-y une grosse dose de video vixens et strippers. Saupoudrez d’escort-girls et de gossips en tout genre. Une pincée de rap. Laissez mijoter quelques mois et vous obtenez La Gourmande Hip-Hop, blog qui détonne autant qu’il étonne. Entretien avec une blogueuse pas comme les autres, une végétarienne amatrice de grosses cuisses.

TwoFeetUnder : Bonjour. Est-ce que tu peux te présenter ainsi que le principe de ton blog par la même occasion ?

La Gourmande Hip-Hop : Je suis une jeune demoiselle nappy [contraction de « natural » et « happy » en anglais, NDLR], végétarienne et passionnée par le milieu du hip-hop américain, plus particulièrement par les vixens et les strip-clubs.

T : Ton blog pourrait ressembler à n’importe quel blog féminin mais le fait de parler de video vixens, strippers et escort le rend définitivement à part. D’où te vient cette passion ?

L : J’ai cette passion depuis jeune. Je suis tombée par hasard sur un magazine avec Leïla Arcieri, le Black Men Magazine. J’étais vraiment subjuguée et j’ai commencé à m’intéresser à ça. Puis il y a eu Melissa Ford et toute la vague des clips à l’époque où les vixens étaient très représentatives, plus que maintenant. Quand je me balade sur le net, je vois tous les gens qui demandent « qui c’est, qui c’est ? » et il y a pas vraiment de blog qui traite du sujet en français où il y en a eu. En fait c’était juste nom, prénom, dans quels clips elles sont apparues et les mensurations. Moi je voulais faire un blog où les gens pourraient avoir les infos que personne n’a ou que peu ont, à la différence des autres principaux articles.

T : Comment on devient fan de cet univers ? Juste à cause des clips ?

L : Ouais. Pour ma part à cause des clips. Ce que représentaient les filles vraiment « hyper bonnes » [sourire]. Je trouve ça hyper esthétique les gros seins, les grosses fesses etc., donc pas du tout par rapport aux standards de beauté européen. Une fille hyper mince je vais trouver ça horrible par exemple même si moi-même je suis mince. Ensuite j’ai été aux États-Unis. Dès que j’ai découvert les strip-clubs ma passion a comme qui dirait augmenté.

T : Peux-tu expliquer comment c’est les strip-clubs aux États-Unis ?

L : Comme je l’ai expliqué dans mon blog, c’est beaucoup mieux qu’ici. En fait c’est plus comme une boite mais avec les strippers en plus. C’est plus un concept d’amusement que de voyeurisme. Ici j’ai l’impression – je n’ai pas été ici – que c’est beaucoup plus pervers. Là-bas il y a autant de filles que d’hommes qui vont dans les strip-clubs. C’est vraiment basé sur de l’amusement, donc c’est moins pervers – même si bien sûr il y a des pervers mais il y a beaucoup moins de vieux. C’est plus jeune et les filles forcément sont hyper en formes, il y a pas de maigres. Elles savent faire des trucs que les filles d’ici ne font pas.

T : Tu voulais en devenir une ?

L : Oui étant adolescente.

T : Une vixen ou une stripper ?

L : Une vixen. Je voulais vraiment grossir, grossir, grossir. J’ai pris des trucs de soja pour grossir. Après je me suis dit « mais non ». C’était très ambigu parce que d’un coté je voulais être comme ça, et d’un autre coté je voulais pas que les mecs me veulent juste pour ça. Du coup j’ai fait mon choix, je me suis dit reste mince. Donc finalement non. Et quand on connaît l’envers du décor, forcément non encore moins.

T : Peux-tu expliquer, définir ce qu’est une video vixen ?

L : Pour ma part une video vixen c’est une fille qui est très en forme et qui apparaît dans les magazines ou clips et qui est souvent considérée comme la fille principale du clip. Donc s’il y a 10 filles derrière avec des gros derrières mais qu’on s’intéresse pas plus à elle pour moi ça va pas être une vixen importante.

T : Que réponds-tu à ceux qui critiquent l’imagerie des clips US avec tout ce bling-bling et ces filles dénudées ?

L : J’ai l’impression que c’est hypocrite. Parce qu’ils critiquent mais tout le monde regarde. Je pense que, honnêtement, tout le monde aime ça [rires]. Ça met la femme en valeur d’une certaine manière, qui peut ne pas plaire à tout le monde, mais pour ma part ça me plaît. Je pense que ça plaît à beaucoup de femmes aussi d’ailleurs.

T : Il est beaucoup question de prostitution dans tes articles. Quel regard tu portes là-dessus ?

L : Plutôt mitigé en fait. Malgré tout ce qu’elles font ça m’empêche pas de les aimer, de les supporter pour ce qu’elles font par rapport aux clips et si elles sont stripper, mais évidemment pas pour la prostitution. Je trouve ça dommage. C’est vrai qu’avant, à l’époque des clips de Jay-Z, Big Pimpin par exemple, les video vixens gagnaient beaucoup plus d’argent que maintenant. Donc elle n’avait pas besoin de se prostituer à coté. Maintenant ça rapporte plus ce milieu là. Du coup elles sont obligées de trouver une activité supplémentaire et c’est souvent ça.

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T : Qu’est-ce qui fait qu’elles gagnent moins maintenant qu’à l’époque des Big Pimpin ?

L : Je pense que maintenant il y a beaucoup de filles qui sont bonnes et qui sont plus intéressées par la notoriété, qui accepteront plus facilement d’être dans un clip gratuitement juste pour qu’on les voit. Avant je pense qu’elles se respectaient un peu plus, du moins leur image. Maintenant non.

T : L’émergence des réseaux sociaux, tu penses que ça a joué ?

L : Si. Beaucoup. Il y a plein de filles qui ont beaucoup de potentiel. Il y a des gifs qui disent : « tu crois que ton agence de modèle c’est instagram ? » C’est ironique mais c’est vrai parce que c’est par là que la plupart se font repérer. C’est une bonne chose, c’est pas mal.

T : Aux États-Unis cette culture, si on peut appeler ça comme ça, semble acceptée. Pourquoi ça a du mal à prendre en France ?

L : Parce que je pense qu’ici celles qui tentent d’être vixen n’amènent pas de nouveauté. Elles veulent faire la même chose que là-bas mais le problème est qu’elles ne savent pas comment s’y prendre. Donc les rappeurs, par exemple Booba, va payer une fille pour être la fille principale 200 euros, 300 euros. C’est rien du tout. Du coup la sauce ne prend pas.

T : Serait-ce une bonne chose que ce mouvement arrive en France ?

L : Oui et non. Oui si elles arrivent à se faire payer, à ce que ce soit une activité principale. Ça pourrait être intéressant. Non, dans le sens où faudrait amener autre chose, de l’originalité

T : Dans un de tes articles sur Milla Jasmine

L : [Elle coupe] J’ai pas fait d’articles sur elle.

T : Tu la cites. Tu dis ne pas être intéressée par les vixens françaises. Pourquoi ce choix ?

L : Les françaises je ne les considère pas spécialement comme des vixens. Je pense qu’il doit y en avoir deux pour moi qui ont du potentiel : Nyia Dream et Sonia Roza. Pour moi c’est les deux seules qui ont du potentiel pour percer là-bas. Pour moi les autres c’est pas des vixens, tout simplement. Je connais pas les filles ici, je n’ai pas d’infos sur elles et ça ne m’intéresse pas de leur donner de l’importance.

T : Qu’ont-elles de moins par rapport aux américaines ?

L : Déjà moins de formes [rires]. Elles sont naturelles, c’est un point positif bien sûr – pour la plupart en tout cas. Mais elles n’ont pas cette attitude. Le problème dans les clips de rap français, j’accuse pas les cameramans, c’est les prises de vue. On ne met pas assez les filles en valeur ici. On voit leur cellulite, des trucs comme ça. Aux Etats-Unis c’est pas comme ça, il y a une plus belle image du clip je trouve.

T : Est-ce qu’on peut mettre en parallèle le monde des vixens américaines et françaises avec le rap américain et français, comme le dit Booba, il y a un décalage de 10 ans [« A Paris c’est comme aux States mais t’enlève au moins 10 ans », 16 Rimes, NDLR] ?

L : Oui il y a un décalage. Le mouvement est arrivé il n’y a pas si longtemps en France je pense.

T : Est-ce que l’absence de filles avec des formes dans les clips de rap français est dû, à ton avis, à une tradition littéraire et contestataire ?

L : Oui. J’ai l’impression que les filles ici n’assument pas spécialement de se mettre « à poil » dans les clips donc du coup il y en a beaucoup moins.

T : Quels rappeurs assumeraient le mieux cette image ?

L : Booba.

T : Le seul ?

L : Honnêtement j’écoute pas de rap français, j’aime pas le rap français, je regarde pas de clips de rap français, donc pour ce que je connais, Booba, oui. Parce qu’il a déjà eu des américaines. Il a prit Claudia Sampedro, Rosa Acosta et ça pour moi c’est déjà très bien.

T : Je reviens un instant sur l’univers des vixens. Tu racontes souvent des histoires horribles, limite dégoûtantes sur elles. Qu’est-ce qui te passionne encore ?

L : [réfléchit] Je ne sais pas encore tout. Je veux vraiment tout savoir. Comme je dis, j’apprends en même temps que mes lecteurs. Quand je fais mes recherches j’apprends plein de choses et tout m’intéresse sur cet univers. Même si ça me dégoûte, ça m’empêche pas de trouver ces filles super jolies, indispensables dans les clips. Je peux entendre une chanson la première fois et ne pas aimer spécialement. Je vais voir le clip, va y avoir des jolies vixens dedans et ça va tout changer, je vais commencer à apprécier la chanson. Pour moi ça a vraiment une importance.

T : Dans le nom de ton blog il y a Hip-Hop. Tu peux nous raconter tes premiers souvenirs ?

L : Ça remonte à très loin. Ça a toujours été du hip-hop américain. Le moment dont je me souviens c’est à partir de Jay-Z avec le clip de Big Pimpin. Il y avait Nas avec Oochie Wallie. Dès que j’ai vu les clips j’ai sauté à pieds joint là-dedans.

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T : C’est vraiment les clips plus que la musique ?

L : Oui, plus que la musique. Avant j’étais beaucoup plus dancehall que Hip-hop.

T : Intéressant que tu parles de dancehall. Tu penses qu’eux ont vraiment intégré ça ?

L : Oui. En tout cas les Jamaïcains ont vraiment intégré cette culture. Il n’y a aucun tabou. Pour avoir été à Londres dans les soirées jamaïcaines, avoir vu ce que j’ai vu, ils n’ont aucun tabou. Je trouve ça vraiment chouette de voir des femmes qui n’ont pas spécialement un corps très bien proportionné s’assumer complètement, mettre des stickers sur leurs tétons et se balader comme ça dans la boite. Ouais c’est bien.

T : Tu trouves pas l’imagerie misogyne parfois ?

L : [réfléchit] Non.

T : En quoi ça ne l’est pas ?

L : [réfléchit] J’ai du mal à répondre à cette question parce que moi je trouve ça très esthétique. Effectivement c’est toujours des femmes à poil et pas des hommes à poil mais en même temps j’aimerais pas voir un homme à poil dans un clip. Donc du coup ça ne me pose pas réellement de problème.

T : Tu dis que t’aimerais pas voir un mec à poil mais y a des rappeuses comme Remy Ma, qui simule recevoir un cunnilingus dans le clip de Lean Back, la rappeuse française Liza Monet. T’en penses quoi de ce qu’elles font, du rap féminin décomplexé ?

L : Ça justement c’est bien. Ça renverse un peu la tendance. Je trouve qu’il faut que des femmes assument. Je pense qu’il y a un coté contradictoire. Quand un homme parle de la femme c’est toujours pour dégrader la femme. J’ai l’impression qu’elles s’assument en tant que « salope », elles parlent salement de l’homme mais elles sont toujours dans une position  où elles-mêmes sont « salopes » aussi. Je trouve ça dommage. Elles se mettent pas en valeur par rapport à l’homme.

T : Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ?

L : Pusha T. Wiz Khalifa. Rap américain.

T : Tu as commencé en avril 2014. A quoi peut-on s’attendre pour la suite ?

L : Plus d’interviews. J’ai envie de faire plus d’interviews d’acteurs principaux du mouvement, donc peut-être des strip-teaseuses qui sont ici et qui ont peut-être travaillé aux États-Unis, pouvoir donner leur point de vue entre ici et là-bas. Peut-être plus de sujets autres que vixens. Sinon on verra pour la suite. Seul l’avenir nous le dira.

T : Pour les interviews c’est facile de nouer des contacts ?

L : Aux États-Unis c’est plus facile. Par exemple l’article sur les Taz’s Angels j’ai eu la chance de soumettre les infos que j’avais à une fille qui les a fréquentées, et qui ne les fréquente plus, pour qu’elle puisse confirmer ou infirmer ce que je disais. Donc ça m’a vraiment aidée pour être sûre de ne pas dire des conneries. Les gens m’accusent facilement : « c’est facile d’écrire un article, de dire ça, ça, ça. Moi aussi je peux le faire » Non tu peux pas le faire. Parce que j’ai fait beaucoup de recherches, j’ai eu les contacts nécessaires pour voir si c’était vrai ou pas ce que je disais. Ici, non. Comme il y a beaucoup de filles qui lisent mon blog et qui font aussi beaucoup de choses en sous-marin, donc elles ne vont pas accepter spécialement de vouloir répondre à mes questions.

T : Qui est la rappeuse la plus bonne du game en ce moment ?

L : Nicki Minaj. D’ailleurs en parlant de Nicki Minaj, ce week-end vous en saurez plus sur Nicki Minaj [sourire] [entretien réalisé le 2 août 2014] .

T : Tu peux nous en dire plus ?

L : C’est une surprise. On va aller au lit avec Nicki Minaj.

T : Qu’est-ce qu’elle a de plus que les autres n’ont pas ?

L : Elle a vraiment un style de rap particulier mais j’aime beaucoup. Elle a un flow, j’adore son flow, l’image qu’elle donne, qu’elle donne maintenant, qu’elle redonne maintenant parce qu’elle a eu une période où elle est partie en couilles avec ses trucs pour enfants.

T : T’en as pensé quoi de sa cover pour son dernier single ?

L : J’adore [rires]. Il y a beaucoup de gens qui n’approuvent pas mais moi j’approuve [sourire]. Je la trouve terrible.

T : Il y a eu beaucoup de détournements. Les gens ont-ils du mal à comprendre qu’une femme s’assume à ce point ?

L : Elle a très bien expliqué en postant des photos sur son Instagram. Les mannequins blanches qui montrent leurs fesses en bikini c’est pas grave, ça choque personne. Elle, sous prétexte qu’elle a des formes, ça dérange. Mais non ça dérange pas. Vous aimez tous.

T : Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

L : Beaucoup de voyages. Et quoi d’autre ? Pouvoir continuer à passionner mes lecteurs.

 

T : Top 5 des filles les plus bonnes.

L :

 

Davinee Damati

Dauvinée Damati

Miracle Watts

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Rosa Acosta

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Roxxane Montana

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Neeandra Brooks

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